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jeudi 14 octobre 2010

Energies Nouvelles

Madagascar : à quand le Bâtiment Basse Consommation






Est-ce l’effet de mode ou celui d’une vraie prise de conscience de la part des propriétaires ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le marché malgache découvre la facette nouvelle du Bâtiment à Basse Consommation (BBC). De plus en plus de nouvelles constructions intègrent en amont, c'est-à-dire au moment même de leur conception, les installations pour une économie d’énergie : panneaux solaires photovoltaïques, chauffe-eau solaire, bac de rétention d’eau pluviale, menuiserie isolée, puits canadien, …
Le poste de consommation d’énergie dans un ménage a pris de l’importance quand on sait que le prix de l’énergie fossile (fuel) qu’on utilise pour générer notre électricité est passé à plus de 100% en dix ans et, surtout, que nous serons tôt ou tard condamnés à puiser dans l’énergie renouvelable.
Evidemment, nous ne pourrons pas prétendre atteindre le niveau de performance d’économie d’énergie d’un bâtiment labélisé BBC en Europe. Celui-ci, on le sait bien, est soumis à une série de contrôles drastiques à tous les niveaux : le type d’installation utilisé, provenance du matériel, et les vraies quantités mesurables d’énergie économisée sachant qu’en France, la prétention à un label BBC-Effinergie, le seul label préconisé par l’ensemble du secteur, exige un seuil de consommation fixé à 50 kilowattheures par mètre carré pour le chauffage, la ventilation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage. Pour information, la quantité moyenne consommée au mois à Antananarivo est de 450 à 520 kilowattheures pour une maison de 120m² utilisant une vingtaine de lampes, 2 TV, 1 ordinateur, une chaine HIFI, un chauffe-eau électrique, un réfrigérateur, un fer à repasser.
Si l’Europe est considérée comme continent locomotive en économie d’énergie, elle en est encore à sélectionner les vraies solutions permettant une vraie économie d’énergie tout en écartant beaucoup d’offres plus âpres aux gains qu’à autre chose. A titre de repère, une vingtaine d’autres labels français à part BBC-Effinergie sont encore en cours d’obtention de certification mais vendent déjà leur signature grâce à l’absence de texte régissant le secteur.
La prudence est donc de mise à Madagascar lors de la conception d’un bâtiment intégrant ce genre d’installation. L’équipe du Journal de l’Economie a fait une enquête pour y voir plus clair. Evidemment, les résultats de cette enquête ne sont pas exhaustifs quant aux solutions proposées ici pour l’économiser de l’énergie. Les offres chez nous sont aussi variées qu’elles exigent une vigilance lors des choix du matériel et des installateurs. Ceci n’est pas non plus une promotion pour tel ou tel type d’installation ou fournisseur, loin de là. C’est un survol de ce qui est possible à Madagascar actuellement tout en recueillant quelques informations capitales pour l’usager et pour l’administration étant donné qu’il n’y a aucune réglementation sur la gestion et la consommation d’énergie.
Le premier type d’installation plébiscité par les usagers est le panneau solaire ou panneau photovoltaïque. Cette installation est généralement montée en kit dont voici la liste typique : le ou les panneaux photovoltaïques dont le nombre dépend de la puissance voulue et de la performance de la marque, un bloc de convertisseur d’énergie qui est lié à la batterie accumulatrice sur laquelle les installations électriques branchées puisent l’énergie. Les panneaux sont installés sur le toit ou à l’air libre où il n’y a aucun obstacle qui pourrait les cacher du soleil. Ceux-ci sont généralement orientés au nord-nord-ouest dans l’hémisphère sud à une pente d’un minimum de 15°. Ce type d’installation existe sur le marché malgache avec une certaine limite : alimentation des éclairages (lampes) et matériel audiovisuel et informatique (TV, ordinateurs, matériel HIFI, …) suivant la performance du kit solaire. En tout cas, l’utilisation de l’énergie thermique (fer à repasser, four électrique, chauffe-eau électrique, climatiseur, réfrigérateur, …) n’est possible qu’avec un investissement lourd en nombre de panneaux donc financièrement conséquent dépassant facilement les 25 millions d’ariary quand le kit standard coûte en moyenne 2 à 3millions d’ariary. La durée de vie dépend de celle du convertisseur et de la batterie accumulatrice qui sont utilisables généralement pendant 3 à 5 ans avant leur remplacement. Il faut éviter les kits proposés pour une durée de vie inférieure à ces chiffres. Il existe aussi des lampes extérieures solaires dont chaque lampe est installée au sol ou à un support, coiffé par son petit panneau photovoltaïque, discret et efficace.


Le chauffe-eau solaire est quant à lui installé sans batterie ni convertisseur car il accumule la chaleur captée par le panneau et le transmet directement vers le réservoir posé lui aussi sur le toit. L’orientation reprend les mêmes principes que celle des panneaux solaires (nord-nord-ouest).
Sinon, il y a une offre pléthorique plutôt technique et expérimentale et qui engage surtout notre comportement anti-gaspillage : installation de bac de rétention d’eau pluviale pour l’arrosage et le lavage extérieur, isolation des menuiseries par calfeutrement pour éviter l’usage excessif de chauffage (bois ou climatisation) pendant l’hiver, installation d’un puits canadien qui consiste à enterrer à 2m ou plus sous le niveau zéro une buse d’un diamètre de 20 à 50cm qui relie l’intérieur à l’extérieur sur une longueur de 20m et qui restituera une température ambiante stable autour de 23 degré pendant toute l’année donc fraîche en été et confortable en hiver.
Une autre solution très pratique, qui relève toujours du domaine de la construction bioclimatique, est celle de l’orientation de la maison lors de son implantation. L’orientation idéale, toujours dans l’hémisphère sud, est le côté Nord-Nord-Ouest, le côté clair où le soleil est le plus présent par rapport aux autres façades. Le plan de la maison sera dessiné suivant ce principe en y plaçant les lieux de vie : séjour, chambres, salle de détente. Le côté Sud-Sud-Est, sombre et exposé au grand vent, est destiné plutôt aux pièces de services telles que les salles de bains, cuisine, buanderie …
L’utilisation de l’éolienne est encore réservée à de grandes installations comme les centres recevant plus de 50 personnes car le coût du matériel et de l’installation est élevé et n’est pas justifié à l’usage domestique.